Ne dites surtout pas d’un banquet financé par un milliardaire d’extrême droite qu’il est d’extrême droite, il pourrait vous en cuire. C’est peu ou prou le message porté par le Canon français, entreprise sous le pavillon de Pierre-Édouard Stérin, qui porte plainte contre deux parlementaires insoumises.
Le tort de Mathilde Hignet et de Marie Mesmeur, députées LFI d’Ille-et-Vilaine ? Avoir signé un communiqué contre l’organisation de l’un de ces événements, dénonçant une « tribune pour faire la promotion de l’idéologie d’extrême droite ». Un texte signé par 13 élus, mais seules les insoumises sont visées par cette démarche judiciaire. Le procès doit se tenir ce jeudi 3 septembre au tribunal de Tours (Indre-et-Loire).
Lors de ces banquets, qui singent une forme de folklore rural pour glorifier une France particulièrement blanche attablée autour du cochon, les dérapages ne sont pas rares. Des saluts nazis ont même été constatés par Radio France au mois de mai dernier.
« Ce constat n’est pas une opinion : il repose sur des enquêtes journalistiques concordantes. Il est surtout assumé par Pierre-Édouard Stérin, dont le projet Périclès vise ouvertement à amener l’extrême droite au pouvoir », contre-attaque le groupe insoumis à l’Assemblée nationale dans un communiqué.
Un projet révélé par l’Humanité. Et de poursuivre, dénonçant une « instrumentalisation de la justice » : « Plusieurs articles ont documenté la présence de militants néonazis et la tenue de propos racistes dans ces banquets, voire à l’extérieur comme ce fut le cas dans le centre-ville de Caen, en avril dernier. »
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
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